Λ Cycles Conditionnels de Collatz/Syracuse Collatz / Syracuse Conditional Cycles

8 MIN DE LECTURE · EN IMAGES · LE CŒUR DU PROBLÈME 8 MIN READ · IN PICTURES · THE HEART OF THE PROBLEM

Les cycles de Collatz : deux tours, quatre ports Collatz cycles: two towers, four harbours

Une « boucle cachée » dans Collatz est presque impossible à exclure. Voici pourquoi — sans formule, juste des images. A "hidden loop" in Collatz is fiendishly hard to rule out. Here is why — no formulas, just pictures.

📖 Page compagnon. Celle-ci raconte ; sa jumelle, le gateway interactif de Benjamin Macindoe, vous laisse manipuler. Deux voix, deux dépôts indépendants — c'est précisément ce qui rend la vérification croisée solide. 📖 Companion page. This one tells the story; its twin, Benjamin Macindoe's interactive gateway, lets you operate the machine. Two voices, two independent repositories — which is exactly what makes the cross-verification solid.

1. Une boucle cachée 1. A hidden loop

Le jeu de Collatz (pair → ÷2, impair → ×3+1) semble toujours redescendre vers 1. Pour le prouver, il faut écarter deux fantômes : qu'un nombre parte à l'infini, et qu'un nombre tourne en rond dans une boucle qui ne contient pas 1. Cette page parle du second — les cycles. The Collatz game (even → ÷2, odd → ×3+1) always seems to fall back to 1. To prove it, you must banish two ghosts: a number running off to infinity, and a number going round forever in a loop that never contains 1. This page is about the second — the cycles.

On croit qu'il n'existe qu'une seule boucle : 1 → 4 → 2 → 1. Mais personne ne sait le démontrer pour l'infinité des boucles imaginables. Pourquoi est-ce si dur ? La réponse tient dans une image très simple. We believe there is only one loop: 1 → 4 → 2 → 1. But nobody can prove it for the infinity of conceivable loops. Why is it so hard? The answer lives in one very simple picture.

2. Deux tours qui se frôlent 2. Two towers that graze

Imaginez deux tours. L'une monte en doublant (2, 4, 8, 16…), l'autre en triplant (3, 9, 27, 81…). Fait élémentaire : un étage de l'une n'est jamais exactement à la hauteur d'un étage de l'autre — une puissance de 2 est paire, une puissance de 3 est impaire. Picture two towers. One climbs by doubling (2, 4, 8, 16…), the other by tripling (3, 9, 27, 81…). Elementary fact: a floor of one is never exactly level with a floor of the other — a power of 2 is even, a power of 3 is odd.

Powers of 2 and powers of 3 never coincide Two vertical scales: powers of two on the left, powers of three on the right, at the same logarithmic height. No dot on one side is ever level with a dot on the other, but 8 and 9, then 256 and 243, graze very closely. × 2 × 3 2 4 8 16 32 64 128 256 512 3 9 27 81 243 8 & 9 256 & 243
Deux tours : les puissances de 2 (à gauche) et de 3 (à droite), à la même hauteur logarithmique. Jamais le même étage — mais 8 frôle 9, et 256 frôle 243. Ces « presque » sont le cœur du problème. Two towers: the powers of 2 (left) and 3 (right), at the same logarithmic height. Never the same floor — yet 8 grazes 9, and 256 grazes 243. These "almosts" are the heart of the problem.

Un cycle de Collatz, c'est exactement ça : un frôlement si parfait entre une puissance de 2 et une puissance de 3 qu'un petit ajustement (le « +1 ») referme la boucle. Le « presque » de 8/9 ne suffit pas ; celui de 256/243 non plus. Il en faudrait un infiniment meilleur. A Collatz cycle is precisely that: a graze so perfect between a power of 2 and a power of 3 that a small adjustment (the "+1") snaps the loop shut. The 8/9 graze isn't good enough; nor is 256/243. You would need an infinitely better one.

3. Quatre ports, deux rives 3. Four harbours, two shores

Voici le retournement. Ce frôlement parfait a déjà eu lieu — quatre fois. Collatz a quatre boucles connues (sans compter 0 → 0), et chacune est accrochée à un frôlement des deux tours. Trois vivent du côté des nombres négatifs (le monde miroir « ×3−1 »), une seule du côté positif : la nôtre, 1. Here is the twist. That perfect graze has already happened — four times. Collatz has four known loops (not counting 0 → 0), and each is anchored to a graze of the two towers. Three live on the negative side (the mirror world "×3−1"), only one on the positive side: ours, 1.

The four known Collatz loops (0 → 0 aside), one on the positive shore and three on the negative The positive shore has a single harbour, the number 1, riding the gap 4 minus 3. The negative shore, the times-three-minus-one mirror, has three harbours: minus 1 on gap 2 minus 3, minus 5 on gap 9 minus 8, and minus 17 whose gap q equals minus 139. + 1 4 − 3 − ×3 − 1 −1 2 − 3 −5, −7 9 − 8 −17 q = −139
Rive positive (+) : un seul port, 1. Rive négative (le monde miroir ×3−1) : trois ports. Sous chaque port, l'écart du frôlement — exactement ±1 (serrure « gratuite », §4), sauf −17 dont l'écart q = −139 est une coïncidence rare. Vérifié exhaustivement pour les boucles d'au plus 10 termes impairs, sur les deux rives (registre commun, entrée L-A3). Positive shore (+): a single harbour, 1. Negative shore (the ×3−1 mirror): three harbours. Below each, its near-miss gap — exactly ±1 (a "free" lock, §4), except −17 whose gap q = −139 is a rare coincidence. Verified exhaustively for loops with at most 10 odd terms, on both shores (shared ledger, entry L-A3).

Cela a une conséquence redoutable, un vrai « test anti-fausse-preuve » : tout argument « simple » (de parité, de vitesse) qui prétendrait interdire les boucles interdirait aussi ces quatre-là… qui existent. Il prouverait trop ; il est donc faux. La vraie conjecture n'est pas « pas de boucle » : c'est « le côté positif n'aura plus jamais le coup de chance ». This has a fearsome consequence, a genuine "crank-proof detector": any "simple" argument (parity, speed) claiming to forbid loops would also forbid those four… which exist. It would prove too much, so it is wrong. The real conjecture isn't "no loops": it is "the positive side never gets the lucky break again".

4. Le cadeau de Gersonides (1342/43) 4. Gersonides' gift (1342/43)

Pourquoi trois boucles « faciles » ? Parce qu'il existe des serrures gratuites : quand l'écart entre la puissance de 2 et la puissance de 3 vaut exactement 1, il ouvre tout. Combien y en a-t-il ? La réponse est vieille de près de 700 ans. Why three "easy" loops? Because some locks are free: when the gap between the power of 2 and the power of 3 is exactly 1, it opens everything. How many such gaps exist? The answer is nearly 700 years old.

En 1342 (ou 1343 selon les sources), le savant provençal Levi ben Gershom (Gersonides), à la demande du compositeur Philippe de Vitry, démontre dans De numeris harmonicis que les seules puissances de 2 et de 3 qui diffèrent de 1 sont 2 et 3, 3 et 4, 8 et 9. Trois, et pas une de plus — jamais. La serrure gratuite est littéralement médiévale. In 1342 (or 1343, depending on the source), the Provençal scholar Levi ben Gershom (Gersonides), at the request of the composer Philippe de Vitry, proved in De numeris harmonicis that the only powers of 2 and 3 differing by 1 are 2 and 3, 3 and 4, 8 and 9. Three, and never one more. The free lock is literally fourteenth-century.

Le hasard a distribué ces trois tickets : un au nord (4−3 → la boucle 1), deux au sud (2−3 → −1, et 9−8 → −5). Épuisés depuis le XIVe siècle. Après eux, plus aucune boucle ne peut s'ouvrir « gratuitement » — il faut une coïncidence arithmétique complète. C'est exactement ce qui rend la suite si dure. Chance dealt those three tickets: one north (4−3 → the loop 1), two south (2−3 → −1, and 9−8 → −5). Spent since the fourteenth century. After them, no loop can open "for free" — it needs a complete arithmetic coincidence. That is exactly what makes the rest so hard.

(Ce lien avec Gersonides nous a été rappelé par notre collaborateur Benjamin Macindoe ; il évite d'invoquer le lourd théorème de Catalan–Mihailescu, et c'est une bien plus belle histoire.) (This Gersonides connection was pointed out by our collaborator Benjamin Macindoe; it avoids invoking the heavy Catalan–Mihailescu theorem, and it is a far better story.)

5. Le dé de Benford 5. Benford's dice

Une petite énigme rencontrée en chemin : à chaque étage, quel côté frôle le mieux, le nord ou le sud ? Notre première réponse machine disait « 50/50 ». C'était juste… pour une certaine façon de mesurer la distance. Pour la distance qui compte vraiment pour les boucles, le sud gagne dans 58,5 % des cas — exactement la loi de Benford (celle qui fait que les nombres commencent plus souvent par 1 que par 9). A small puzzle met along the way: at each floor, which side grazes better, north or south? Our first machine answer said "50/50". It was right… for one way of measuring distance. For the distance that actually matters to loops, the south wins 58.5 % of the time — exactly Benford's law (the one that makes numbers start with 1 more often than 9).

Les deux réponses sont vraies, à deux questions différentes — et c'est notre collaborateur qui a tranché laquelle compte. C'est ça, la vérification à deux clés : chacun corrige l'autre, par générosité. Both answers are true, to two different questions — and it was our collaborator who adjudicated which one counts. That is two-key verification: each corrects the other, out of generosity.

6. Le mur 6. The wall

On peut voir l'exclusion des boucles comme une question de « conspiration » entre les chiffres binaires (base 2) et ternaires (base 3) d'un même nombre (lecture heuristique, pas un théorème). C'est une question ouverte de toute la théorie des nombres — le fossé ×2×3 de Furstenberg. Personne ne sait la franchir. One can view ruling out loops as a question of a "conspiracy" between the binary (base 2) and ternary (base 3) digits of one number (a heuristic reading, not a theorem). That is an open question across all of number theory — Furstenberg's ×2×3 gap. Nobody knows how to cross it.

Ce qu'on peut faire, honnêtement, ce n'est pas franchir le mur : c'est en dessiner la carte exacte, nommer sa forme, et vérifier en Lean, pas à pas, ce qu'on avance (voir la preuve et le résumé pour tous). Notre théorème conditionnel d'avril 2026 tourne en rond (erratum du 2 octobre 2026) : seul le cas k ≤ 1322 est démontré sans circularité, et il était déjà connu. Aucune nouveauté n'est revendiquée. What one can honestly do is not to cross the wall: it is to draw its exact map, name its shape, and check in Lean, step by step, what one claims (see the proof and the plain-language summary). Our April 2026 conditional theorem is circular (erratum of 2 October 2026): only the case k ≤ 1322 is proved without circularity, and it was already known. No novelty is claimed.

7. Deux voix, une carte 7. Two voices, one map

Les faits chiffrés de cette page (les quatre boucles connues, leurs écarts, la proportion de 58,5 %) ont été vérifiés des deux côtés, indépendamment, par du code Python de chaque côté (registre commun, entrée L-A3), aucun copié sur l'autre. Les rappels historiques et la remarque sur Furstenberg ne sont pas des calculs. Pour aller plus loin : The numerical facts on this page (the four known loops, their gaps, the 58.5 % proportion) were checked on both sides, independently, by Python code on each side (shared ledger, entry L-A3), neither derived from the other. The historical notes and the remark on Furstenberg are not computations. To go further:

Une note sincère. Ce travail ne cherche ni la gloire ni la paternité ; il est fait pour tout le monde. Les noms sur les découvertes ne sont là que pour la traçabilité honnête — savoir quelle brique vérifier, et sur laquelle bâtir. A sincere note. This work seeks neither glory nor authorship; it is done for everyone. The names on the findings are there only for honest traceability — knowing which brick to check, and which to build on.